Stress d’appréhension et cancer : comment mieux le vivre ?

Catégories : Nos astuces bien-être

⏱️ Temps de lecture : environ 18 min

Attendre le résultat d’un examen. Redouter une biopsie, une séance de chimiothérapie ou de radiothérapie. Puis, parfois, appréhender la fin des traitements, le retour au travail ou simplement cet « après » que l’on avait à peine osé imaginer.  Lorsqu’on traverse la maladie, l’appréhension peut surgir à de nombreux moments et devenir difficile à apaiser.  Pour mieux comprendre ce qui se joue en nous dans ces périodes d’attente et d’incertitude, j’ai échangé avec Christine Morin, fondatrice de Bloom Effet.  Depuis plus de 10 ans, elle accompagne des femmes autour des questions de sécurité intérieure, de régulation et des mécanismes liés à la survie et à l’attachement. Une approche née aussi de son propre parcours et de plusieurs années vécues dans l’hypervigilance et l’adaptation permanente.  Avec Christine, nous allons essayer de comprendre pourquoi notre corps et notre esprit peuvent se mettre en état d’alerte face à l’incertitude, mais surtout découvrir quelques pistes pour traverser ces moments avec un peu plus de douceur et de sécurité intérieure.  Christine intervient également auprès de l’association Amazones Martinique, qui accompagne les femmes touchées par le cancer, mais aussi leur entourage et les aidants, dont la place est essentielle tout au long de la maladie.  Merci Christine d’avoir accepté de répondre à mes questions.
  • Attendre le résultat d’un examen.
  • Redouter une biopsie, une séance de chimiothérapie ou de radiothérapie.

Puis, parfois, appréhender la fin des traitements, le retour au travail ou simplement cet « après » que l’on avait à peine osé imaginer.

Lorsqu’on traverse la maladie, l’appréhension peut surgir à de nombreux moments et devenir difficile à apaiser.

Pour mieux comprendre ce qui se joue en nous dans ces périodes d’attente et d’incertitude, j’ai échangé avec Christine Morin, fondatrice de Bloom Effet.

Depuis plus de 10 ans, elle accompagne des femmes autour des questions de sécurité intérieure, de régulation et des mécanismes liés à la survie et à l’attachement. Une approche née aussi de son propre parcours et de plusieurs années vécues dans l’hypervigilance et l’adaptation permanente.

Avec Christine, nous allons essayer de comprendre pourquoi notre corps et notre esprit peuvent se mettre en état d’alerte face à l’incertitude, mais surtout découvrir quelques pistes pour traverser ces moments avec un peu plus de douceur et de sécurité intérieure.

Christine intervient également auprès de l’association Amazones Martinique, qui accompagne les femmes touchées par le cancer, mais aussi leur entourage et les aidants, dont la place est essentielle tout au long de la maladie.

Merci Christine d’avoir accepté de répondre à mes questions. 

Alors en fait, moi, j'accompagne les femmes qui ont pris l'habitude de vivre énormément en fonction de la réaction des autres.

Vous savez, des moments où elles savent ce qu'elles veulent, mais dès que leur choix risque

  • de décevoir,
  • de déranger,
  • de créer du conflit,
  • de recevoir une critique, un jugement...

Elles vont douter, elles vont culpabiliser. Elles vont souvent se suradapter et finir soit par renoncer, soit par modifier leur choix.

Et mon travail, en fait, c'est vraiment de les aider à ne plus avoir à choisir entre préserver leur relation et préserver ce qui est important pour elles.

Donc moi, je travaille beaucoup sur ces schémas, sur ce qui se passe dans leur corps, dans leur histoire, dans leurs relations, pour qu'elles puissent faire leur choix sans être constamment rattrapées par la peur de décevoir, la peur de créer du conflit ou la peur de perdre le lien avec les autres.

Dans le cadre du cancer, je trouve cette approche particulièrement intéressante. Elle prend vraiment une dimension particulière, parce que la maladie, elle vient vraiment bouleverser énormément de choses, le rapport au corps, à ses émotions, aux autres, à sa place dans la famille ou au travail.

Et le corps lui-même peut devenir difficile à habiter.

Et ça peut être vraiment très douloureux, parce que les traitements et surtout l'image que véhicule le cancer, qui est tout de suite associé à quelque chose qui menace notre vie.

Donc on peut

  • avoir tendance à se couper de son corps,
  • tout comme on peut essayer de mettre à distance certaines émotions,

...parce qu'on traverse, on ressemble parfois à des véritables montagnes russes.

Une partie de mon travail, ça consiste justement à permettre aux personnes de revenir progressivement vers ce qu'elles ressentent, sans être submergées, pour que leur corps petit à petit puisse redevenir une ressource et pas uniquement l'endroit où se vit la maladie, la peur ou la douleur.

peur de la récidive

Dans un parcours cancer, l’incertitude est omniprésente : avant le diagnostic, entre deux examens, avant un traitement, puis plus tard autour de la possibilité d’une récidive.

Et c’est vraiment important d’arriver à revenir dans l’ici et maintenant, d’éviter autant que faire se peut de se projeter dans un avenir douloureux.

Imaginer immédiatement le pire est-il une réaction normale du cerveau face à l’incertitude ?

Oui, effectivement, imaginer immédiatement le pire, c’est une réaction normale.

Ce n’est pas simplement parce que notre cerveau est pessimiste.

Notre cerveau fonctionne énormément à partir des prédictions.

Quand il manque d’informations, il va essayer de donner du sens à ce qui se passe en utilisant tout ce qu’il connaît déjà :

  • nos expériences passées,
  • ce qu’on a appris,
  • ce qu’on a vécu ou observé.

Lorsqu’il existe une menace potentielle, comme dans le cadre du cancer, l’incertitude va être particulièrement difficile à tolérer.

Le cerveau va avoir tendance à accorder davantage d’attention aux scénarios qui permettraient d’anticiper un danger plutôt qu’à ceux qui vont permettre de s’apaiser.

C’est vraiment un mode de protection qu’active notre système nerveux pour nous permettre de répondre à la menace et de nous protéger.

Si, par exemple, j’ai vécu une chimiothérapie avec beaucoup de nausées, de l’épuisement ou des douleurs :

  • lorsque la prochaine séance approche, mon cerveau va déjà disposer d’une banque d’informations sur tout ce qui pourrait m’attendre.

Donc le scénario catastrophe n’arrive pas forcément de nulle part.

Il est souvent construit à partir de choses que l’on connaît déjà et qui sont projetées dans le futur.

Le problème, c’est qu’à ce moment-là, on peut commencer à vivre émotionnellement aujourd’hui, dans le présent, quelque chose qui n’est pas encore arrivé.

Pourquoi notre cerveau et/ou notre corps peuvent-ils se mettre en alerte avant même que l’on sache ce qu’il se passe ?

Notre cerveau et notre corps, à travers le système nerveux, peuvent se mettre en état d’alerte parce que le cerveau apprend par association.

"Si plusieurs fois je suis rentrée dans une salle de chimiothérapie et que, dans les heures ou les jours suivants, j’ai été malade, épuisée ou avec des douleurs, mon cerveau va progressivement apprendre que certains éléments annoncent quelque chose de difficile."

Cela peut être

  • La vue de l’hôpital
  • De la salle d’attente,
  • Une odeur,
  • Une blouse,
  • Un bruit ou même
  • L’heure du rendez-vous.

Le corps peut alors commencer à réagir avant même que le traitement ait commencé.

Certaines personnes peuvent, par exemple,

  • Ressentir des nausées anticipatoires avant même que le produit de chimiothérapie soit administré.

Notre système apprend également à anticiper la détresse émotionnelle :

  • l’attente,
  • la peur d’un résultat,
  • la fatigue des jours suivants ou encore
  • la perte d’autonomie.

Ce n’est pas un manque de volonté ou de force de caractère.

C’est quelque chose que l’organisme a appris, souvent de manière complètement inconsciente.

Et la bonne nouvelle, c’est que cela peut progressivement se réapprendre :

"On peut actualiser nos expériences et permettre au système nerveux de ne plus réagir systématiquement de la même manière en anticipant tout."

stress par anticipation
cancer phrase inutile

Quelle phrase l’entourage devrait-il éviter, et que peut-il dire ou faire pour réellement aider ?

Je conseillerais à l’entourage d’éviter toutes les injonctions comme

  • « Ne t’inquiète pas »,
  • « Il faut rester positive »,
  • « Sois forte » ou
  • « Ca va aller ».

Même lorsqu’elles sont dites avec beaucoup d’amour, elles peuvent renforcer cette obligation de devenir une « guerrière ».

Or, les personnes malades ont aussi le droit d’être

  • fatiguées, inquiètes, en colère ou simplement de
  • ne rien avoir à prouver.

On n’a pas toujours besoin que quelqu’un nous enlève notre peur.

Parfois, on a simplement besoin que quelqu’un reste à nos côtés pendant qu’on traverse ces moments difficiles, même sans parler.

Plutôt que de chercher immédiatement une solution, l’entourage peut poser des questions ouvertes :

  • « Qu’est-ce qui serait le plus aidant pour toi aujourd’hui ? »
  • « De quoi aurais-tu besoin de ma part ? »
  • « Qu’est-ce que tu n’as pas envie d’avoir à gérer en ce moment ? »

Cela permet à la personne de s’exprimer et lui redonne la capacité d’agir, plutôt que de décider à sa place de ce dont elle devrait avoir besoin.

Que peut-on faire concrètement lorsque l’angoisse commence à monter ? Existe-t-il des gestes ou des exercices simples pour s’apaiser ?

Lorsque l’angoisse monte, notre organisme n’est pas en train de nous embêter gratuitement.

Il essaie de nous protéger d’un danger qu’il anticipe.

La première chose à faire, c’est de ne pas chercher immédiatement à faire disparaître l’angoisse, parce que se dire « il faut absolument que je sois calme » peut rajouter encore de la tension.

L’intérêt est d’apprendre à mieux repérer ce qui se passe dans notre corps, suffisamment tôt, pour pouvoir traverser cette montée d’angoisse sans paniquer ni se sentir submergé.

Parce que ce n’est pas au moment où l’on est à 10 sur 10 d’angoisse qu’il va être facile d’apprendre à la gérer.

  • Le cœur qui s’accélère,
  • la respiration qui change,
  • davantage de sueur…

Ce sont autant de petits signaux corporels que l’on peut apprendre à repérer.

Et il y a des exercices très simples qui permettent de revenir dans le présent :

  • Regarder autour de soi.
  • Balayer lentement la pièce des yeux 
  • Regarder ce qui nous entoure : un tableau, un objet qui nous fait du bien, une couleur qui nous apaise…

Sans le faire « en mode pas de course.

Plus on regarde, plus on ralentit, plus on respire.

Le but est de revenir à ce qui est présent, là, physiquement et concrètement, plutôt que d’avoir déjà la tête dans la salle de traitement.

  • Revenir aux sensations du corps.
  • Sentir ses pieds posés sur le sol,
  • Le contact des pieds dans les chaussures,
  • Des cuisses sur le fauteuil ou la chaise.
  • Sentir également que l’on est soutenu par le dossier du fauteuil ou de la chaise.

L’idée est de revenir à des sensations très concrètes et de se poser dans ce soutien du corps.

Se demander :

  • Qu’est-ce qui est vrai, là, maintenant ?
  • Est-ce que là, maintenant, je souffre déjà ?
  • Est-ce que j’ai des nausées ?
  • Est-ce que je suis fatiguée ?

Parce qu’au moment où le cerveau imagine ce qui va se passer jeudi prochain à l’hôpital, je ne suis plus assise dans mon canapé avec une tasse de thé, physiquement en sécurité : je suis déjà dans ce qui va se passer jeudi.

Il s’agit alors d’apprendre à revenir simplement à aujourd’hui :

  • Dans son canapé,
  • En train de discuter avec une copine,
  • De prendre un thé ou
  • De lire un bon bouquin.

Il y aura probablement des allers-retours :

  • Je pense au traitement… Ah oui, là, je suis en train de partir dans le futur.
  • OK, je reviens !

Et plus on le fait, plus on apprend à revenir rapidement dans le présent.

Dans les approches corporelles, on travaille beaucoup cette capacité à aller et revenir entre ce qui provoque l’angoisse et ce qui apaise.

Et parfois, cela peut faire gagner des minutes et des minutes sans angoisse, voire des heures ou des journées.

Et c’est énorme quand on est face à ce genre de maladie.

Cancer sentiment de solitude

Pourquoi, selon toi, la fin des traitements peut-elle être si déstabilisante et faire naître un sentiment de solitude ?

À la fin des traitements, il peut exister une forme de dissonance entre ce que voit l’extérieur et ce que l’on vit vraiment à l’intérieur.

Pendant la maladie, le rythme est soutenu

  • par les rendez-vous,
  • les examens,
  • les traitements et
  • les équipes médicales.

C’est évidemment extrêmement difficile, mais il existe un cadre, une présence médicale importante et un suivi régulier.

Puis arrive la rémission. Et là, pour l’entourage, rémission peut vite devenir :

« Ça y est, c’est fini, maintenant on reprend notre vie. »

Sauf qu’on ne gomme pas plusieurs mois, voire plusieurs années de sa vie comme on efface un tableau blanc.

Le corps peut encore porter les conséquences des traitements :

  • la fatigue,
  • la douleur,
  • les cicatrices,
  • la modification de l’image corporelle…
  • Et psychologiquement aussi, quelque chose a profondément changé.

C’est précisément au moment où toutes ces questions apparaissent que les rendez-vous médicaux commencent souvent à s’espacer. Et c’est là que la solitude peut devenir forte.

Il y a d’abord une solitude concrète : moins de soins et moins de contacts réguliers avec les équipes médicales.

Puis une solitude relationnelle : l’entourage pense que l’épreuve est terminée alors que la personne continue à en vivre les conséquences.

Et enfin, il y a une solitude beaucoup plus intime :

« Je ne suis plus tout à fait la personne que j’étais avant le cancer, alors que mon environnement attend parfois que je redevienne celle-là. »

Les aspirations peuvent avoir changé, les priorités peuvent avoir changé, les relations peuvent avoir changé.

Et au milieu de tout ça, il faut parfois reprendre le travail, sa place dans la famille et tous les rôles que l’on occupait avant, alors qu’on ne veut peut-être plus les occuper de la même manière.

Pour moi, la fin des traitements, ce n’est pas juste la fin du parcours.

C’est véritablement une étape du parcours qu’il faut intégrer comme telle, pour construire différemment la nouvelle personne que la patiente est devenue

Comment retrouver confiance en son corps après la maladie et les traitements, sans vivre dans la peur ?

La première chose que je dirais, c’est justement d’enlever cet objectif de :

  • « je ne veux plus avoir peur »

Après un cancer, avoir peur lorsqu’on a une douleur inhabituelle, ça n’a rien d’absurde.

Un symptôme qui autrefois aurait été banal peut soudain prendre une autre signification :

  • Pourquoi j’ai mal ici ?
  • Pourquoi je suis aussi fatiguée ?
  • Est-ce que ça revient ? 

Pendant les traitements, le corps a parfois été particulièrement difficile à ressentir.

Il a pu être douloureux, transformé par les opérations ou les traitements.

Il est donc tout à fait compréhensible qu’à certains moments, on ait cherché à sentir moins, à se couper un peu de ses ressentis ou à mettre certaines sensations et émotions à distance pour pouvoir continuer.

Quand on est en rémission, commence alors le chemin inverse : on peut recommencer à se reconnecter à son corps. Mais cette reconnexion ne se fait jamais en obligeant la personne, ni d’un seul coup.

Elle demande du temps et de petites touches.

  • Cela peut être s’apercevoir qu’une cicatrice tire un peu moins,
  • Faire une minute de yoga là où c’était impossible quelques mois auparavant,
  • Ressentir à nouveau la chaleur,
  • Le plaisir,
  • Le contact avec les autres,
  • La force,
  • Le repos ou
  • Simplement retrouver le rythme qui nous convient.

Ce qui me paraît très important, c’est de multiplier les expériences où le corps ne signifie pas douleur ou danger.

Parce que la sécurité ne se décrète pas uniquement avec la tête, elle va se réapprendre par l’expérience.

Cela peut aussi être retourner à l’hôpital pour une consultation qui ne débouche pas sur une mauvaise nouvelle, sentir une douleur qui se révèle finalement anodine ou passer un examen dont le résultat est rassurant.

Petit à petit, de nouvelles expériences positives, sereines et sécures viennent s’ajouter aux anciennes.

On ne retrouve pas la confiance en son corps d’un seul coup, on la construit expérience après expérience.

retour au travail après le cancer

Comment se préparer psychologiquement à reprendre le travail et à retrouver sa place sans appréhension ?

Après un cancer, on veut souvent que la vie redevienne comme avant. 
C’est presque une façon de refermer la parenthèse.
 
Mais revenir exactement comme avant n’est pas forcément possible, et ce n’est même parfois pas souhaitable.

Entre l’annonce du cancer et la reprise du travail, la personne a changé.

  • Son corps,
  • Son énergie,
  • Son rapport à la vie, aux autres, au temps ou à ses priorités peuvent avoir changé.

Et de l’autre côté, l’entreprise s’est elle aussi réorganisée pendant son absence.

On ne réintroduit donc pas seulement une personne dans la case qu’elle occupait auparavant : c’est tout le système qui doit se réajuster.

Il est important de préparer ce retour en se posant quelques questions :

  • Qu’est-ce qui appartient à mon intimité ?
  • De quoi vais-je avoir besoin dans l’aménagement de mon activité ?
  • Quelles limites vais-je devoir poser ?
  • Qu’est-ce que je veux dire de mon expérience ?

On peut aussi identifier à l’avance les ressources disponibles :

  • un lieu où l’on se sent bien,
  • une personne avec qui parler si ça ne va pas,
  • quelques minutes de respiration ou de mouvement,
  • sortir marcher ou
  • simplement pouvoir prendre un moment pour soi.

Beaucoup de femmes ont eu cette identité de « combattante » pendant la maladie.

Elles ont tenu, géré les traitements et parfois continué à s’occuper de tout le monde.

Au moment de reprendre le travail, certaines peuvent alors ressentir le besoin de rattraper ou de remercier les autres pour ce qu’ils ont fait pendant leur absence.

Mais reprendre sa place, ça ne veut pas dire rembourser son absence.

Il peut être important de revenir avec davantage d’authenticité :

  • reconnaître sa fatigue,
  • ralentir lorsqu’on en a besoin,
  • demander de l’aide et aussi
  • savoir dire non.

Le but n’est pas de prouver que l’on est redevenu la personne d’avant ou que l’on est super efficace.

Le but est de trouver une manière durable de travailler avec la personne que l’on est devenue.

Comment mesurer si cette anxiété est passagère ou s’il faut demander un accompagnement professionnel ?

D’abord, je pense qu’il faut normaliser une partie de cette anxiété.

  • Entrer dans un parcours cancer, attendre des résultats,
  • Subir des traitements,
  • Vivre avec la possibilité de la récidive ...

... ce ne sont pas des événements anodins.

Évidemment que l’anxiété va monter à certains moments et redescendre à d’autres.

Personnellement, je trouve même intéressant de pouvoir proposer un accompagnement assez tôt.

Pas parce que la personne va mal, mais pour qu’elle puisse construire des ressources auxquelles elle pourra revenir dans les périodes plus difficiles.

La question à se poser est surtout : quelle place cette anxiété prend-elle dans ma vie ?

  • Est-ce que j’arrive encore à dormir correctement ?
  • Est-ce que je peux régulièrement penser à autre chose dans ma journée ?
  • Est-ce que j’arrive à m’arrêter et à me reposer sans culpabiliser ?
  • Est-ce que je peux demander de l’aide lorsque je suis fatiguée ?
  • Est-ce que ma peur m’empêche de faire certaines choses ?
  • Est-ce que mes relations commencent à en pâtir ?

Il faut aussi être attentif aux personnes qui semblent extrêmement fonctionnelles.

Une personne anxieuse n’est pas forcément quelqu’un qui tremble ou qui reste paralysé.

Certaines continuent à tout faire :

  • les traitements,
  • les courses,
  • les enfants,
  • les rendez-vous médicaux,
  • les repas,
  • les appels de la famille…

Elles avancent en permanence, parfois presque en mode bulldozer, et peuvent donner l’impression de très bien tenir alors qu’elles sont complètement épuisées.

La personne malade peut également se retrouver à porter la peur de ses proches :

  • Rassurer son conjoint, ses enfants ou ses parents alors que c’est elle-même qui aurait besoin d’être soutenue et rassurée.

Quand l’anxiété commence à envahir la vie, à empêcher le repos ou le sommeil, à perturber les relations ou les activités quotidiennes, ou simplement quand on sent qu’on a besoin d’un endroit où l’on n’a plus à être forte, il est vraiment utile de demander de l’aide à un professionnel.

Et surtout, on n’a pas besoin d’attendre d’être au bout du rouleau pour être accompagné.

cancer sans penser à demain

Pour terminer, quel premier petit conseil donnerais-tu à une personne qui vit actuellement dans l’attente ou l’appréhension de l’étape suivante ?

Je lui dirais d’essayer de ne pas vivre aujourd’hui toutes les étapes qui pourraient arriver demain.

Imaginez :

"Vous êtes samedi matin sur votre canapé avec votre thé. Votre examen est mardi et, soudain, votre cerveau est déjà parti à mardi matin à l’hôpital.

Votre corps commence à vivre une partie du stress du mardi alors que vous êtes toujours samedi sur votre canapé."

À ce moment-là, regardez l’heure, la date, ce qu’il y a autour de vous, sentez vos pieds, vos jambes, votre corps posé sur le canapé et demandez-vous simplement :

  • « Qu’est-ce qui se passe pour moi, là, tout de suite ? »

Peut-être que maintenant, il n’y a pas de traitement, pas d’examen, pas de douleur.

Il y a juste vous, votre canapé et votre thé, et c’est largement suffisant.

Très probablement, votre cerveau va repartir vers mardi.

Ce n’est pas grave.

Invitez-le simplement à revenir ici, à samedi matin.

On ne cherche pas à supprimer l’incertitude ou l’appréhension, mais à revenir à ce qui existe aujourd’hui.

Ces petits allers-retours peuvent permettre de récupérer

  • des minutes de vie,
  • des heures de vie,
  • des journées entières de vie

Parce que le stress d’anticipation nous projette dans l’angoisse et nous mange des minutes de vie du moment présent.

On ne choisit pas toujours l’incertitude que la vie nous impose.

On ne choisit pas forcément d’être projeté dans l’appréhension du futur.

Par contre, on peut apprendre à ne pas vivre toutes ces conséquences avant qu’elles arrivent.

Et on peut apprendre à revenir régulièrement dans le présent...

Et ton actualité dans tout ça, Christine ? Tu as quelque chose à nous partager ?

J’ouvre bientôt les portes de mon programme Bloom Effect, un accompagnement de 4 mois destiné aux femmes qui en ont assez de voir

  • leurs projets,
  • leurs envies et
  • leurs décisions ... passer après leur peur de décevoir, de déranger ou de créer du conflit.

L’objectif de ce programme :

  • C’est vraiment de les aider à assumer leurs choix, leurs envies et leurs ambitions sans que la réaction des autres les fasse reculer.

Nous allons notamment travailler sur le fait de ne plus laisser la culpabilité décider à leur place, pour qu’elles puissent faire leurs choix sans avoir à sacrifier ce qui compte pour elles pour préserver le lien avec les autres.

Le programme dure quatre mois et mêle accompagnement, petits ateliers en webinaire et programme en ligne, avec un suivi pour pouvoir intégrer tout cela dans la vie quotidienne.

Vous pouvez retrouver toutes les informations concernant le programme sur ma page Instagram.

christine morin thérapeute merci

Merci Christine

Merci beaucoup à toi Christine d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et de partager avec autant de clarté et de bienveillance ton regard et tes conseils.

J’espère que cet échange pourra apporter quelques clés à celles qui traversent aujourd’hui ces moments d’attente, d’incertitude ou d’appréhension.

Et s’il ne fallait retenir qu’une chose :

  • Ne pas vivre aujourd’hui toutes les étapes qui pourraient arriver demain.

Revenir à aujourd’hui, à ce qui est là, maintenant.

Et récupérer, comme le dit si joliment Christine, des minutes, des heures, des journées de vie.

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